Alsace, 30 décembre 2009 - A en croire une page du site Internet
Flammekueche.com, l’Alsace, qui a jadis compté jusqu'à environ 600 sites
brassicoles (récemment répertoriés par Philippe VOLUER dans un très bel ouvrage
intitulé Le Grand Livre de la Bière en Alsace), ne compterait aujourd’hui
plus que 8 microbrasseries, lesquelles ne sont pas toujours connues du public
belge, puisque souvent cachées par des géants locaux, entretemps devenus nationaux et internationaux, tels que
Kronenbourg, Fischer et Heineken. A l'occasion des célèbres marchés de Noël alsaciens, j’ai
justement eu l’occasion de visiter la Brasserie Saint-Pierre, située
depuis mai 2001 dans le village du même nom, quelque part sur la route reliant
Strasbourg à Colmar.
Quelque part sur la
route reliant Strasbourg à Colmar… Première surprise de la journée : sur
cette route, précisément, se trouve, à quelques kilomètres de Saint-Pierre, le
très accueillant village de Heiligenstein et pour qui ne prendrait pas garde à
une certaine grammaire allemande, le rapprochement trop rapide entre
Saint-Pierre et Heiligenstein (qui, en réalité, signifie plutôt sainte
pierre que Saint-Pierre) en trompera plus d’un, d’autant que le
hasard, pernicieux, propose, dans chacun des deux villages répondant tous deux
au code postal 67140, une artère dénommée Rue Principale, précisément le
but de mon voyage. Ni mon maigre allemand, ni mon GPS ne purent m’éviter cette
fatale erreur qui me coûta 20 minutes de voyage supplémentaire.
Bref...
Pour en revenir au lieu proprement dit, tout visiteur habitué à une certaine
fréquentation des brasseries belges aura immédiatement l’impression d’un déjà-vu
plus que troublant : décorations boisées sauce sapin clair, feu ouvert au centre
du lieu de restauration, carte de bières proposant, ci et là, une spécialité du
mois variant au gré des humeurs du brasseurs, petit magasin et, surtout, cuves
de brasseries nettement visibles par le public avec, ci et là, des rendez-vous
possibles en compagnie du brasseur en personne. J’apprendrai plus tard, de la
bouche même de ce dernier, que ce n’est rien d’autre que la Brasserie des
Fagnes de Mariembourg qui a servi de modèle d’inspiration aux fondateurs, et
qu'une amitié s'est créée entre les deux entités.
Je n’ai bien entendu pas pu résister à l’envie d’une dégustation : Blanche en apéritif et une Flammekueche au Munster chaud, parfaitement accompagnée d’une spéciale de Noël. J’ai à chaque fois pu apprécier l’excellente consistance de ces bières, leur ton légèrement épicé dénotant quelques pointes d’acidité en fin de bouche mais, surtout, une excellente longueur résiduelle, le tout évoquant une sorte de chaînon manquant entre les allemandes à boire et les anglaises à mâcher. Petit surprise finale : la brasserie produit également une kriek à base de blanche. Révolution notable pour une région qui s'était mis en peine, en quelques rares occasions, de faire brasser ce type de bière en Belgique avant de l’affubler d’une étiquette locale.
La brasserie Saint-Pierre se visite, en saison, chaque jour de 11:00 à 14:30, un rendez-vous s’imposant hors saison. Au menu restauration, en dehors des spécialités alsaciennes, quelques plats plus marqués sont proposés, tels que la terrine de lapin à la bière blanche maison ou le soufflé glacé à la fleur de bière, les Cotis de porc laqués à la bière aux épices ou encore le Duo de Munster affiné à la bière brune et mariné à la fleur de bière. Côté bières, de nombreux colis-cadeaux sont également disponibles, pour le bonheur de celles et ceux qui n'auront pu se rendre sur place...
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De la brasserie au brasseur |
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Les lecteurs qui souhaiteraient découvrir ou poursuivre
leur exploration du patrimoine alsacien peuvent bien entendu se référer à
l’excellent ouvrage de Philippe VOLUER, Le Grand Livre de la bière en
Alsace.
Deux mille ans de tradition et de savoir-faire. Les Lieux, les hommes, les
produits ; Editions Place Stanislas, 2008, 158 p. – 600 sites brassicoles,
fermés dans leur très grande majorité, y sont répertoriés, localisés et datés
lorsque cela était possible, non seulement par l’auteur, mais par de très
nombreux bénévoles locaux.
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